Communiqué de presse

L’Église explique les changements en lien avec les mariages homosexuels

Vendredi, lors d’un entretien vidéo fait à Salt Lake City, Elder Todd Christofferson du Collège des douze apôtres de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours a réaffirmé la position de l’Église au sujet du mariage et a souligné les changements dans la politique de l’Église figurant dans le manuel d’instruction, en lien avec les couples homosexuels et leurs enfants. L’entretien aidera les membres de l’Église, les médias et le public à mieux comprendre le contexte et l’objectif des changements, dont on a abondamment parlé dans les médias d’information, sur les médias sociaux et ailleurs.

Les changements dans le Manuel 1 (guide de politiques et d’instructions destiné aux dirigeants locaux) ont été apportés cette semaine et ont été approuvés par la Première Présidence et le Collège des douze apôtres. Les révisions ont été soulignées dans une lettre envoyée aux dirigeants locaux de l’Église du monde entier.

Transcription de l’entrevue d’Elder D. Todd Christofferson : 
 
Michael Otterson, directeur général des Affaires publiques de l’Église : Comment décririez-vous votre rôle de dirigeant dans l’Église?

Elder D. Todd Christofferson, du Collège des douze apôtres : Eh bien, les responsabilités comprennent bien entendu des questions administratives mais, avant tout, il s’agit d’un ministère. Et nous, mes collègues et moi, nous rendons très souvent dans de nombreux endroits du monde pour faire ce que le Seigneur a commandé à Pierre de faire et nous nourrissons ses brebis. Nous comprenons les questions qui se posent. Elles sont difficiles, délicates; elles touchent nos cordes sensibles et sont bien réelles. Il s’agit de la famille; il s’agit d’amour et particulièrement de l’amour du Sauveur et de la manière dont il veut que les gens soient aidés, nourris et édifiés; ce sont toutes les motivations qui sous-tendent nos efforts.

Michael Otterson : Le 5 novembre, l’Église a apporté des changements au manuel au sujet du mariage entre personnes de même sexe et de sa politique en ce qui concerne les enfants de partenaires homosexuels. Pouvez-vous expliquer pourquoi cela était nécessaire? 

Elder Christofferson : Nous considérons le mariage entre personnes de même sexe comme un type de péché particulièrement grave ou important, et sérieux, qui exige une action disciplinaire de l’Église. Cela signifie que l’action disciplinaire est obligatoire – la clarification n’impose pas les conclusions, mais stipule qu’une action disciplinaire est nécessaire dans de tels cas. C’est une déclaration qui écarte toute question ou tout doute pouvant exister. Nous reconnaissons que les mariages entre personnes de même sexe sont maintenant légaux aux États-Unis et dans d’autres pays et que les gens ont le droit, s’ils le désirent, de contracter une telle union, et nous le comprenons. Mais ce droit n’existe pas dans l’Église. Voilà en quoi consiste la clarification.

Michael Otterson : Au cours des dernières années, l’Église a fait preuve de compréhension et d’acceptation envers les personnes qui ressentent une attirance pour des personnes de même sexe; cependant, cette politique semble plutôt radicale. Qu’est-ce qui a vraiment mené à ce changement dans le manuel? 

Elder Christofferson : Dans une certaine mesure, c’est venu de questions qui se sont posées dans différentes parties du monde et des États-Unis. À la suite de la décision de la Cour suprême des États-Unis, il fallait faire une distinction entre ce qui est légal et ce qui est la loi de l’Église et la loi du Seigneur, et déterminer comment réagir. C’est donc une question de clarté; une question de distinction entre ce qui est bien et ce qui est mal; une question de politique ferme qui ne laisse pas place au questionnement ni au doute. Nous pensons qu’il est possible et indispensable, et qu’il nous incombe, en tant que disciples du Seigneur Jésus-Christ, de prodiguer de l’amour et de la sympathie, de l’aide et de la fraternité, et des services, en faisant tout ce que nous pouvons pour les autres, et en même temps de conserver les principes qu’il a fait valoir. C’était le modèle du Seigneur. Il a toujours été ferme devant ce qui était bien et ce qui était mal. Il n’a jamais trouvé d’excuse ni fermé les yeux devant le péché. Il n’en a jamais redéfini les normes. Il n’a jamais changé d’avis. C’était ce que c’était et c’est ce que c’est; voilà notre position mais, bien entendu, sa compassion était sans égale et son désir, son empressement et ses efforts à s’occuper des gens, à les guérir, à les bénir, à les édifier et à les amener sur le chemin qui conduit au bonheur n’ont jamais cessé. C’est ce que nous faisons. Nous n’allons pas nous arrêter. Nous n’allons pas renoncer aux efforts que nous faisons pour aider les gens à trouver ce qui apporte le bonheur, mais nous savons que le péché n’y contribue pas. Nous allons donc rester fermes parce que nous ne voulons pas tromper les gens. Ce n’est pas faire preuve de bonté que d’égarer les personnes et de les amener à une mauvaise compréhension de ce qui est vrai, de ce qui est juste, de ce qui est injuste, de ce qui conduit au Christ et de ce qui éloigne du Christ. 

Michael Otterson : En quoi les enfants de partenaires de même sexe posent-ils un problème?

Elder Christofferson : Eh bien, pour répondre à votre question, laissez-moi vous dire que je ne parle pas seulement en tant qu’apôtre dans l’Église, mais en tant que mari, père et grand-père. Comme ceux qui ont ces appels plus durables, j’éprouve de la compassion, de la sympathie et de tendres sentiments. Cette politique est donc née de la compassion. Elle procède d’un désir de protéger l’innocence des enfants jusqu’à leur majorité. Par exemple, lors d’une bénédiction officielle et de l’attribution d’un nom à un nouveau-né, ce qui se produit quand les deux parents d’un enfant sont membres de l’Église, cela entraîne beaucoup de choses. Tout d’abord, un dossier de membre est créé. Des assignations pour les instructrices visiteuses et les instructeurs au foyer sont données. On s’attend aussi à ce que l’enfant fasse partie de la Primaire et d’autres organisations de l’Église. Et cela risque de ne pas être acceptable dans le milieu familial, dans le foyer où ils vivent avec deux parents de même sexe. Nous ne voudrions pas que des conflits surviennent à cause de ce genre de situations. Nous ne voulons pas que l’enfant soit confronté à des dilemmes dans lesquels ses parents sont d’un certain avis alors que les attentes dans l’Église sont très différentes. Ainsi en est-il de toutes les ordonnances, y compris le baptême. Le temps viendra pour cela, quand l’enfant atteindra sa majorité, s’il ressent que c’est ce qu’il veut et qu’il peut prendre une décision éclairée à ce sujet. Rien n’est perdu pour lui au bout du compte si c’est la direction qu’il choisit. Entre-temps, l’enfant ne sera pas placé dans des situations où les difficultés, les défis et les conflits pourraient nuire à son développement dans sa tendre enfance. 

Il existe un parallèle entre les familles polygames et les couples de même sexe unis par le mariage. Depuis des générations, nous appliquons le même genre de lignes directrices en ce qui a trait aux enfants issus de familles polygames; nous n’allons pas de l’avant avec ces ordonnances quand ils sont dans ce genre de contexte familial, et ce, jusqu’à leur majorité. Nous faisons face à une situation similaire ici; elle nous est familière. C’est une pratique qui a cours depuis des générations et qui est comparable.

Michael Otterson : Il y a aussi des conditions provisoires pour une personne qui a atteint l’âge de la majorité et qui souhaite servir une mission dans l’Église, mais qui provient d’une union ou d’une famille de conjoints de même sexe. Une condition énonce qu’elle doit rejeter la notion de mariage de même sexe. Non pas rejeter ses parents, mais le mariage de même sexe. Qu’est-ce qui sous-tend ce raisonnement?

Elder Christofferson : Eh, bien, on peut une fois de plus faire un parallèle avec la polygamie. Pour quiconque provient d’un contexte polygame et souhaite faire une mission, il doit être entendu que la polygamie est un péché et que cette personne ne doit pas y adhérer. Ces personnes doivent rejeter le concept du mariage plural. On a affaire au même type de cas ici. Elles rejetteraient – elles accepteraient serait une meilleure façon de dire les choses, la doctrine et les pratiques de l’Église en ce qui a trait au mariage homosexuel. Elles ne diraient pas, comme vous l’avez précisé, qu’elles rejettent leurs parents mais plutôt qu’elles rejettent cette pratique. 

Michael Otterson : Elder Christofferson, au cours de la dernière, année beaucoup d’attention a été accordée à la campagne et au message de l’Église sur l’importance d’être juste envers tout le monde – le concept « d’équité pour tous », qui a été souvent repris. Comment cette conception, particulièrement en ce qui a trait à l’attirance entre personnes de même sexe, s’insère-t-elle dans cette discussion? 
 
Elder Christofferson : Elle s’insère très bien. C’est en fait deux aspects d’une même question. D’une part, nous avons travaillé avec des gens, et nous continuerons de le faire, pour protéger les droits, les logements, les emplois et des choses de ce genre pour tous. D’autre part, il doit exister un respect et une reconnaissance des droits des communautés religieuses afin qu’elles puissent établir leurs propres normes, vivre conformément à ces principes, enseigner leur doctrine – le mariage dans le cas qui nous occupe – et s’y conformer. L’Église ne vise évidemment pas à faire une quelconque manipulation mentale; les gens ont d’ailleurs des opinions différentes. Les problèmes surgissent quand des personnes se posent en défenseurs et militent contre les normes établies et contre les positions claires et déclarées de l’Église, qui ont été répétées à maintes reprises, comme c’est le cas aujourd’hui.

Michael Otterson : Il existe d’autres ordonnances, comme les bénédictions pour les malades quand un bébé n’est pas bien. La politique exclue-t-elle aussi ce genre de bénédictions, ou s’applique-t-elle seulement à l’appartenance officielle d’un membre?

Elder Christofferson : Quand nous parlons de bénédictions, des bénédictions de la prêtrise, données aux malades ou à ceux qui ont besoin de réconfort et de conseils, nous parlons de bénédictions offertes à tous. Nous souhaitons qu’elles puissent être données tout au long de la vie, depuis l’enfance et tant que ce sera le désir des parents et de l’enfant. Nous sommes désireux de servir de cette façon.

Michael Otterson : Si, par exemple, un grand-père souhaitait donner une bénédiction pour les malades ou une bénédiction de guérison à son petit-enfant, avec la permission des parents, cela serait autorisé? 

Elder Christofferson : Certainement. Très certainement. Partout où le besoin d’une bénédiction pour être guidé ou d’une aide quelconque est désirée, elle peut être donnée; c’est ce que nous souhaitons faire.

Documentation supplémentaire

Remarque concernant le nom de l’Église:Quand vous parlez de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, veuillez utiliser le nom complet de l’Église la première fois que vous la mentionnez. Pour avoir plus de renseignements sur l’utilisation du nom de l’Église, consultez notre Guide de rédaction.